Organisées d’abord dans les discothèques américaines, au milieu des années 1980, les raves sont devenues un phénomène de société : plusieurs dizaines de milliers d’individus s’y rendaient chaque week-end au cours des années 1990. Qu’allaient-ils expérimenter ? Soirées clandestines et soirées officielles : existe-t-il une différence importante dans l’usage de produits psychotropes ?
Tout au long de la nuit, les DJ se relaient pour maintenir le raver dans sa quête absolue de transe, obtenue souvent de façon artificielle par la consommation d’acide ou d’ecstasy. Certains restent scotchés des heures, parfois jusqu’au petit matin, devant des murs de décibels qui les emportent dans des danses mécaniques. D’autres déambulent de sons en feux, à la recherche de produits licites ou illicites.
À partir d’informations recueillies auprès des acteurs institutionnels, et d’enquêtes sur le terrain, Thierry Colombié, Nacer Lalam et Michel Schiray présentent les adeptes des soirées, dévoilent la diversité de leurs comportements, quand ils sont consommateurs de psychotropes, et leurs stratégies face à la répression policière et judiciaire.
En analysant les filières d’approvisionnement, ils révèlent la pénétration progressive des drogues de synthèse (Ecstasy, LSD, amphétamines) dans les autres marchés de drogues d’origine naturelle (cocaïne, héroïne, cannabis et dérivés). Et aussi l’infiltration des milieux criminels, les véritables trafiquants de rave.